Al Pacino, lauréat d’un Oscar et nommé à neuf reprises au cours de sa carrière légendaire, a récemment partagé quelques confidences sur ses rôles emblématiques. L’acteur vénéré a révélé qu’il s’était « le plus amusé » en tournant Dick Tracy et que son rôle « préféré » restait celui de Tony Montana dans l’ultra culte Scarface (1983). Il a fait cette déclaration lors d’une projection spéciale célébrant le 50ᵉ anniversaire du classique Un après-midi de chien (1975), à Santa Monica, en Californie. L’événement s’est tenu à l’American Cinematheque, au sein de l’Aero Theatre, où Pacino a répondu aux questions du public après la séance.
« Je le dis tout de suite : rien ne vaut Scarface. Je me souviens être passé devant un cinéma de Los Angeles, le Tiffany (West Hollywood) – aujourd’hui disparu – qui projetait de vieux films, dont Scarface (1931). Je l’ai regardé avec des amis, intrigué par ce film d’Howard Hawks et par la performance de Paul Muni, qui était alors l’un des plus grands acteurs vivants. » L’interprétation d’Al Pacino dans Un après-midi de chien (Dog Day Afternoon), inspirée du véritable braqueur de banque John Wojtowicz, lui a valu une nouvelle nomination à l’Oscar du meilleur acteur en 1976. Son personnage, Sonny Wortzik, reste d’ailleurs l’un des plus appréciés des fans. Pourtant, Pacino a sans doute surpris l’audience en révélant que le rôle qui lui avait procuré le plus de plaisir était celui de ‘Big Boy Caprice’ dans le film de Warren Beatty, Dick Tracy (1990). Malgré cela, Scarface et son personnage de Tony Montana occupent une place à part dans son cœur. Il confie : « Il fallait que je fasse ce film, ce rôle m’inspirait énormément. J’ai donc appelé Marty [Bregman] et je lui ai dit : « Je pense que nous avons une chance avec Scarface. » Il m’a répondu : ‘Scarface ? Je ne l’ai jamais vu !’ Alors je lui ai dit : ‘Jette-y un coup d’œil.’ C’est sans doute pourquoi je me sens particulièrement lié à ce projet. J’y ai mis toute mon implication dès les prémices. »

Al Pacino regrette la perte de ses collègues de Un après-midi de chien.
Assister à la projection du 50ème anniversaire du film a été pour Al Pacino une expérience empreinte de nostalgie, mêlant souvenirs et mélancolie. De nombreuses figures clés avec lesquelles il a collaboré sur ce projet ne sont plus là pour célébrer cet anniversaire, notamment le réalisateur Sidney Lumet, le producteur Marty Bregman et ses partenaires de jeu John Cazale, Judith Malina et Charles Durning. Lors de la séance de questions-réponses, l’acteur a évoqué ce sentiment poignant, soulignant à quel point leur absence rendait cet hommage à Un après-midi de chien à la fois précieux et douloureux.

« Beaucoup de ces gens avec qui je jouais, mes partenaires de jeu, beaucoup d’entre eux sont partis. Et quand on les voit sur un grand écran, on se rappelle à quel point ils étaient formidables. »
Pacino a ainsi partagé ses souvenirs : « Sidney était un réalisateur formidable, et je m’émerveille encore de la manière dont il a su sublimer chaque performance, en particulier celles des employées et des clients de la banque, et bien sûr, celle de John Cazale. La comédienne qui incarnait ma mère, Judith Malina, venait du théâtre off-Broadway. Elle était une metteuse en scène et une actrice exceptionnelle, qui m’a énormément inspiré. La revoir à l’écran aujourd’hui… c’est bouleversant. Retrouver ces visages familiers, ces vieux amis, suscite une émotion indescriptible. Je ressens à la fois une immense fierté et une profonde tristesse. C’est un film qui, à bien des égards, porte en lui une certaine mélancolie, vous savez ? » Personne ne pourrait mieux le dire…