Avatar 3 : de Feu et de Cendres – L’avis de Mike Öpuvty

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2009. Avatar frappe la terre entière, bat le record de Titanic et propose un spectacle entier, où chaque plan pourrait être qualifié de « money shot », malgré un scénario simple et balisé… 2010 Sort la version longue (en deux temps, allez savoir pourquoi) qui corrige certains raccourcis de scénario et propose notamment une scène d’introduction beaucoup plus riche et intéressante… 2022. Avatar La Voie de l’Eau nous arrive enfin. Le début est pénible : entre la continuité rétroactive intempestive (ajout de personnages comme s’ils avaient toujours été la alors que non / Retour de personnages morts grâce à un tour de passe-passe : le scan de cerveaux humains pour les transplanter dans des corps d’Avatar. Si une telle technologie existait, pourquoi avoir demandé à Jake de participer au programme ? Il suffisait de transplanter son frère !) Heureusement, la deuxième partie, très documentaire était captivante et le climax, fin renouvellement du premier opus, parvenait à le dépasser. Une mission accomplie, sur la brèche mais accomplie tout de même. 2025. Avatar de Feu et de Cendres sort en salle et fracasse à nouveau le box office. Qu’y trouvera-t-on ? Encore de la continuité rétroactive ? Des décisions hasardeuses de personnages qui semblent frappés d’amnésie ? Ou bien l’ultime spectacle bien ficelé que les deux premiers volets parvenaient – parfois in extremis – à devenir ?

L’histoire : Le troisième volet de la saga Avatar.

Notre avis : Au sortir de la première séance, le film se hisse certainement au dessus de ses prédécesseurs, mais pas forcément sur les mêmes points. Non qu’on exige un calendrier rigoureux des forces et des faiblesses, mais là où La Voie de l’Eau démarrait plutôt mal et allait crescendo, cette suite part sous de bons augures (malgré encore quelques prises de décisions arbitraires des personnages, au gré de « on n’a qu’à dire que » de James Cameron) mais propose un climax à l’emporte-pièce, qui ne manquera pas de décevoir… L’acte II est pourtant le meilleur de la série, sans nul doute. Le développement des personnages secondaires, et des nouveaux venus, est tout à fait pertinent. Tout le monde va retenir le nom de Oona Chaplin (petite fille de Charlie) qui bouffe l’écran dans le rôle de Varang, la sorcière du clan des Mangkwans, des Na’vis pirates et agressifs, séduits par les armes à feu. À ce sujet, les parallèles avec notre propre histoire sont plus que jamais évidents. Cameron prolonge également son discours sur la transhumanité, ses ramifications sociétales et technologiques, ainsi que ses luttes familiales, conflits de générations et querelles d’amoureux… Mais on découvre aussi un thème jusque là inexploité : l’instinct et la vocation qui triomphent de l’académisme et des données empiriques…

Avatar 3 - critique
© 2025 20th Century Studios

Orfèvrerie !

Attention spoiler

En effet, Kiri, personnage le plus intéressant de La Voie de l’Eau, superbement interprété par Sigourney Weaver, va sans trop y réfléchir, parvenir à métamorphoser Spider, jeune humain bienveillant, afin qu’il respire l’air de Pandora. Ce qui fera de lui un enjeu aussi bien qu’une cible… Les humains et toute leur technologie sont évidemment bien incapables de reproduire le phénomène.

L’écriture est bien plus consistante que La Voie de l’Eau, et les deux premières heures sont absolument impeccables…  Du travail d’orfèvre qui se solde par la scène la plus excitante du film : l’évasion, impromptue et désorganisée par trois personnages aux motivations différentes, de Jake Sully de sa cellule de prison au cœur du campement humain. Un segment où les différentes forces en présence ont chacune leurs billes à défendre et leurs choix à faire tandis que l’action fait rage.


Attention spoiler

Hélas, trois fois hélas, elle est interrompue en pleine gloire : Jake, Neytiri et Spider sautent sur un Banshee et s’envolent. Pouf, c’est fini… On est déjà le lendemain matin ! Une terrible frustration dont le film ne se relèvera pas.

Avatar 3 - critique
© 2025 20th Century Studios

Climax !

Attention spoiler

Son climax, un affrontement en tous points similaires à ceux du 1 et du 2, échoue à faire vibrer : on n’a à se mettre sous la dent que plus-de-la-même-chose. Non content de ça, les super-pouvoirs de Kiri lui permettent de reproduire exactement ce que Jake et Lo’ak ont obtenu juste en bavardant un peu : la faune et la flore viennent se bagarrer elles aussi. Venant de quelqu’un qui est littéralement née d’Eywa, l’a rencontrée en personne et développe des pouvoirs colossaux, c’est un peu court… De plus, nombre de personnages secondaires voient leurs destins remis aux calendes, et on est récompensé par un générique de fin, maintenant standardisé…

Voilà pourquoi au sortir de la salle, une pointe d’amertume ne peut s’empêcher de poindre. On en vient à souhaiter refaire le premier épisode pour incorporer les éléments qui vont déborder sur le 2, et éliminer ce qui devient redondant dans le 3… Qui sait. Avec l’IA, ce sera bientôt possible !

Avatar 3 - avis


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