Liam Neeson a plusieurs fois eu l’occasion de prouver qu’il n’était pas que l’acteur de petits Actionner (souvent efficaces et plaisants), mais qu’il était aussi un interprète à la palette particulièrement éclectique. En jouant dans le sublime Le Territoire des loups (2012), l’acteur a tout simplement campé l’un des ses meilleurs rôles. Neeson y incarne un tireur d’élite, hautement qualifié, chargé de protéger les salariés d’une installation pétrolière en Alaska contre le risque omniprésent des attaques de loups. Lorsque leur avion s’écrase dans la nature glacée et sauvage sur un vol de retour, le tireur d’élite rassemble l’équipe de survivants pour s’aventurer en pleine nature à la recherche d’un lieu sûr, mais ils se retrouvent par là même traqués par une meute de loups particulièrement voraces.
Succès critique et commercial, Le Territoire des loups (The Grey, pour son titre original) fut un véritable direct à l’estomac lors de sa sortie en salles, en 2012. Il symbolise l’un des sommets de la carrière de Neeson, qui s’était jusqu’alors plutôt imposé comme un héros « badass » du cinéma d’action. Le célèbre critique de cinéma, Roger Ebert, a été profondément marqué par ce chef-d’œuvre viscéral. Ebert a d’ailleurs confié que c’était la première fois qu’il sortait d’une seconde projection en raison de l’impact qu’avait eu sur lui le visionnage – précédent – de Le Territoire des loups.

Le thriller de survie avec Liam Neeson est une petite perle. Un film de cinéma total !
The Grey, c’est avant tout une adaptation tendue, poétique, atmosphérique et viscérale de la nouvelle Ghost Walker, de Ian MacKenzie Jeffers. Le synopsis officiel du long métrage est le suivant : Comme beaucoup de ceux qui choisissent de vivre au fin fond de l’Alaska, John Ottway a quelque chose à fuir. De sa vie d’avant, il garde le souvenir d’une femme, une photo qu’il tient toujours contre lui, et beaucoup de regrets. Désormais, il travaille pour une compagnie pétrolière et protège les employés des forages contre les attaques des animaux sauvages. Lorsque le vol vers Anchorage qu’il prend avec ses collègues s’écrase dans l’immensité du Grand Nord, les rares survivants savent qu’ils n’ont que peu de chances de s’en sortir. Personne ne les trouvera et les loups les ont déjà repérés. Ottway est convaincu que le salut est dans le mouvement et que la forêt offrira un meilleur abri. Mais tous ses compagnons d’infortune ne sont pas de son avis et aux dangers que la nature impose, s’ajoutent les tensions et les erreurs des hommes. Eliminés par leurs blessures, le froid, les prédateurs ou leurs propres limites, les survivants vont mourir un à un. Ottway va tout faire pour survivre avec les derniers, mais quelle raison aurait-il de s’en sortir ? Le Territoire des loups nous entraîne aux confins du monde et d’un homme, à la découverte de ce qu’il y a en chacun de nous…

The Grey a laissé forte impression au célèbre et regretté critique, Roger Ebert.
Le célèbre critique de cinéma, Roger Ebert, fut (comme nous, chez DCP Mag) complètement bouleversé par The Grey. Il dit avoir été profondément « affecté par sa dureté implacable ». Le regretté et célèbre journaliste du Chicago Sun-Times a révélé dans sa critique – très élogieuse – que le film l’avait tellement affecté, qu’il avait fini par quitter la projection d’un autre film le même jour. Ebert a écrit à propos de cette œuvre, profonde et génialement réalisée que : « C’était la première fois que je sortais d’un film à cause du film que j’avais vu précédemment. Ce que je ressentais dans mes tripes, c’est que ce n’était pas juste pour le film suivant ». Il a attribué à The Grey 3 étoiles et demie sur 4 avant de préciser : « The Grey avance avec une logique impitoyable. Il y a plus de loups que d’hommes. Les hommes ont des armes, les loups ont de la patience, le temps est de leur côté. J’étais assis devant l’écran avec une crainte galopante. Le film devait forcément avoir une fin heureuse, non ? Si ce n’est ‘heureuse’, au moins atteindre un soulagement, dans un certain sens ? Restez assis jusqu’à la fin du générique. Il y a encore un plan qui vous attend. Non pas que vous ne seriez satisfaits sans cela. » En toute logique, Ebert n’était pas le seul à être complètement emporté par ce thriller brutal, déchirant, ce poème de chair et de sang. Son collègue, critique et ancien collaborateur, Richard Roeper, a inscrit (comme DCP Mag) The Grey sur sa liste des 10 meilleurs films de 2012, tout comme le journaliste du New York Times, A.O. Scott, qui l’a inclus dans ses 10 meilleurs films de l’année. Carnahan est connu pour ses thrillers rugueux (voir notre article sur RIP), mais avec The Grey, il s’est aventuré bien au-delà du simple film de survie. Il plonge corps et âme dans une réflexion profonde sur la condition humaine, les questionnements philosophiques et la spiritualité. Et plus que tout, il offre un voyage cinématographique d’une intensité rare, où chaque émotion vécue par les protagonistes est ressentie viscéralement par le spectateur, le percutant de plein fouet en lui brisant le cœur avec une puissance peu commune.
Foncez voir ou revoir The Grey en streaming actuellement sur Prime Video, ça sera l’une des vos plus belles expériences cinématographiques du moment.